lundi 26 janvier 2015

I ROTO TE 'ĀUA TIARE

opus 162



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DANS LE JARDIN DE FLEURS



Dans un jardin à Marrakech
une fontaine et des oiseaux

Les oiseaux picorent dans l'eau
les reflets du soleil de midi

Sous des arches des musiciens
s'accordent pour la nouba du matin

Arabes , berbères et juifs séfarades
chantent accompagnées de cithares
de luths et de la derbouka
avec des chrétiens et des musiciens
qui n'ont de Dieu que l'Amour
qui se donne et prend soin des arbres

Le jardin est vert avec quelques palmiers dattiers
Sur une table basse sont posées des pommes
les oiseaux s'en approchent puis reculent
craignant la colère improbable des hommes
et des femmes éblouis par le chant
qui raconte les amours cristallins 
du soleil , des ruisseaux, et de la fontaine

Un enfant joue avec une balle
et esquisse des pas de danse

Des hommes en djellabahs blanches et chapeaux rouges
tiennent des tambourins à sonnailles
ils ressuscitent le temps andalou
en dépit des chefs bandits féroces
qui depuis des millénaires
se partagent nos héritages
en verrouillant nos destins par leurs guerres

La pomme est verte comme les prés 
le ciel est bleu comme justice
les oiseaux jaunes et la fontaine blanche
rouges les lèvres des femmes
châtains les cheveux des hommes

Une datte est posée sur la table
elle est pour toi le visiteur
qui entendant sonner les maqams 
a frappé à la porte verrouillée

les dévots égarés iconoclastes
ont accusé de blasphème la musique
et couronné le mauvais coeur d'Iblis 
du titre de docteur de la Loi

(opus 1086 en rapport avec l'opus 162)

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