opus 114
A vendre/For sale
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TE TAHATAI NO TE TĪA'I, le rivage pour le veilleur, le gardien
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LE RIVAGE POUR LE VEILLEUR
En bas de la falaise l'air s'est purifié des miasmes de l'Histoire humaine
Pour y parvenir j'ai enjambé le nid d'un gros oiseau
et il a fait mine de m'attaquer, il a frôlé ma tête
et maintenant il tournoie dans le ciel avec les autres gaviotas.
J'ai fait halte entre les rocs , j'ai fait silence
je me suis laissé pénétrer par les couleurs de l'aurore .
J'ai retrouvé la confiance en me nettoyant de mes ambitions.
Mais peut on recevoir sans donner et demeurer dans l'infini ?
Peut on savoir et se taire et laisser le mensonge régner ?
En fait je passe pour ignorant au vu de ma faiblesse
J'ai glané des indices sur le sentier de la libération
et je laisse seulement quelques traces et des semences.
La vie humaine tellement réglementée aujourd'hui
tàtonne et rampe vers l'azur
comme s'il n'était plus qu'une perspective intérieure
et certes comment aurais je vu le monde dans sa splendeur
si ma quète de vie s'était tarie dans la soif des conforts ?
Quand j'interviens sur les ondes sociales de la communication
chacun de mes mots semble pesé selon les intuitions de préjugés divers.
Il y a ceux qui fulminent contre toute prière
comme s'ils étaient des dieux échappés de l'illusion mortelle.
Il y a ceux qui ont fait Dieu à leur image
et prétendent que je blasphème en ignorant leurs lois.
Alors c'est dans l'isolement que j'ai trouvé l'Union,
l'union avec le souffle revigorant de la Lumière dans la nature.
Moi même suis une pierre ou un buisson
ou une vague , un frémissement
Les portes de ma perception se sont ouvertes
là où les menaces n'étaient plus un refrain astral chronique
J'ai déposé mes inquiétudes en dépit de leurs vraissemblances
et elles se sont dissipées comme cendres dans le sable.
Pourtant je vois que la vie dans cette chair reste précaire.
Je sais seulement qu'il est vain de croire
que l'on puisse dominer perpétuellement la matière.
Il me faut vivre autrement la guerre
celle qui s'impose dans la destinée.
Choisir les points de fuite et de combat
et ne pas me mirer dans le chantage de la misère.
Que mon identité soit toujours en tous lieux
cette mémoire du soleil sur la pierre dans la proximité de l'eau
et si l'air est violé par les fumées délétères
que l'esprit respire là où la mort n'éteint pas la saveur de l'univers !
Le labyrinthe des songes terrifiques n'a pas d'issue.
C'est une impasse ,
celle de la cacophonie des pouvoirs éphémères,
ils ont tenté de coloniser toute la Terre
et ont réduit l'espérance des enfants et des vieillards
à des jeux d'images voraces sans répit
où l'on achète un droit virtuel de survie.
Mais ce qui est fourni contre le tribut de nos vies sociales asservies
c'est seulement un sable mouvant où la nourriture n'est pas stable.
Ce qui a été confondu avec la vie à mendier
c'est la mort conquérante asservie aux égos illusoires,
et les barrières partout dressées
ne laissent qu'un poème ou un chant pour se réfugier
dans les couleurs de l'équilibre du salut.
(opus 1055 de Dominique Oriata Tron en correspondance avec l'opus 114 , la peinture TE TAHATAI NO TE TĪA'I )
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